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Mais il faut se quitter
Pourtant, l'on s'aimait bien.
La puissance évocatrice du titre du dernier ouvrage de Catherine Chabert, Maintenant, il faut se quitter…, tient au fait qu'il suscite un large spectre d'associations personnelles et cliniques. Le lecteur, directement interpellé, est renvoyé à une expérience aussi commune que profonde, aussi universelle que singulière : celle de la séparation qui, dans le hic et nunc de son advenue, fait inévitablement résonner l'écho des séparations passées et de l'infantile en nous. Mais une fois le moment de rêverie associative passé, le titre engage le questionnement. L'emploi du « il faut » introduit une dimension d'injonction et de nécessité, renforcée par l'emploi de l'adverbe « maintenant », qui suscite l'interrogation. D'où provient-elle et dans quel but s'impose-t-elle ? Pour contrer la force du désir de non-séparation, ce qui implique la dimension pulsionnelle ? Cette nécessité externe associée à la forme réflexive « se quitter » introduirait-elle l'idée de la possibilité d'une séparation réciproque vécue sur un mode non traumatique ? L'expérience clinique, sans cesse présente dans l'ouvrage, envisage l'élaboration du caractère traumatique de la séparation quand elle est initialement associée à la destruction et à la mort. Aux deux buts de la cure proposés par Freud : la capacité à aimer et à travailler, Chabert propose donc d'en ajouter un troisième qui serait « la capacité de se quitter, de se séparer ». Cette capacité