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Adam Phillips est britannique, visiting professor de littérature à l'université d'York et psychanalyste. Il s'est beaucoup intéressé à la poésie et a été longtemps psychothérapeute d'enfants en institution, vocation induite par la lecture de Winnicott. Il dirige la nouvelle traduction de Freud en anglais chez Penguin. Il est, dit-on, essayiste.
On peut aussi dire qu'il poursuit une longue méditation psychanalytique qui passe par la littérature, le théâtre, la poésie et qui nous emmène très subtilement au cœur des questions essentielles qui habitent notre quotidien. Il fait partie de ces auteurs qui réenchantent la psychanalyse et dont la lecture est précieuse. Leur point commun est peut-être de penser sous forme de questions ou, pour le dire dans ses termes, de faire de l'écrit analytique le lieu où « il peut être absolument admis qu'il n'y a pas nécessairement à dire ou à écrire quelque chose parce qu'on y croit, mais pour voir si on y croit » (Phillips, Promesses de la littérature et de la psychanalyse ).
La quatrième de couverture de Trois Capacités négatives annonce que Phillips a « une croyance radicale dans l'indétermination de toute vérité », ce qui est encore une autre façon de dire.
Commenter les textes de Phillips n'est pas aisé. En effet ce qui les rend intéressants, intrigants (un terme qu'il utilise quand il s'interroge sur la façon dont nous pourrions ressentir notre impuissance plutôt que d'en éprouver de l'amertume), c'est son style : ses formulations, son ton, son point de vue décalé, sa mise en perspective, qui nous montrent l'objet de sa réflexion sous un jour insolite, ainsi que sa façon d'y revenir, avec des angles d'approche différents à chaque fois. La dimension poétique de sa vision des choses