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Ce numéro de la revue brésilienne de Psychanalyse a été publié avant les élections présidentielles au Brésil, pendant la campagne électorale, au moment d'une crise politique complexe. Il a une importance double : d'une part, il est le témoin d'une actualité et de la manière dont les psychanalystes y ont participé et, d'autre part, pour la richesse des textes. Le parti pris de la revue est bien défini : « La psychanalyse, affirme l'éditrice Marina Massi, doit participer et penser les événements qui la contextualisent, dans une perspective éthique qui respecte l'altérité et la liberté de penser » (p. 12).
La lecture de ce numéro aujourd'hui est d'autant plus intéressante que le Brésil a maintenant élu son président, et qu'une inquiétude démocratique se fait sentir dans le pays et dans le monde. Les psychanalystes brésiliens avaient pressenti cela et leur écriture montre leur engagement et leur volonté de participer aux discussions.
La presse française a suivi ces élections qui ont donné la victoire à un président d'extrême droite, ancien militaire, venant d'un parti nouveau et qui a pris pour cible l'insécurité et la corruption. Le pays a vécu des moments de haine et de déchirement entre droite et gauche. Tout cela dans un contexte où internet produit et divulgue des informations à une grande vitesse, suivant le modèle américain.
Dans un pays qui a déjà vécu une longue dictature et qui essaye encore de consolider sa démocratie, cela provoque des inquiétudes et de peurs. Comment la grande histoire a pu et pourra résonner avec les petites histoires ? Quelles places les psychanalystes peuvent prendre ?
Nous étudierons ici cinq textes issus de la partie Politique. Ils ont en commun des références aux travaux d'Hannah Arendt, qui servent de socle pour penser la politique, surtout la politique des systèmes totalitaires.