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[…] dans cet air éternellement sombre, […]
Ceux-ci n'ont pas d'espoir de mort
et leur vie aveugle est si basse […]
Psyché est étendue (Freud, 1938), mais est-elle infinie ?
S'il est acceptable de concevoir l'infini de l'univers, il est sans doute toujours scandaleux de penser l'étendue infinie de l'âme, du monde psychique. La conviction de vivre des moments où le cosmos se meut, où il amorce un mouvement en concordance exacte avec ce qui bouge dans l'étendue intérieure, ressortit du fantasme ou du délire et est attestée par les mythes. Je m'éblouis d'infini écrit Giuseppe Ungaretti (Ungaretti, , p. 80) dans ce poème à l'unique vers. Les difficultés à concevoir un espace limité pourraient être à l'origine des visions illimitées du monde. « […] la limite ouvre violemment sur l'illimité, se trouve emportée soudain par le contenu qu'elle rejette, et accomplie par cette plénitude étrangère qui l'envahit jusqu'au cœur » (Foucault, 1994, p. 17). L'avènement du fini est inacceptable, l'appel à l'infini est alors une solution pour repousser sans cesse les limites. L'infini serait-il la limite du fini ?
La démesure d'Éros, sans aucun doute honteuse et fascinante, son caractère indomptable, sa capacité à dépasser toute limite, jusqu'aux confins de la perversion, continue à être l'objet de tentatives de réduction.
En outre, l'introduction par Freud de la réalité même de l'inconscient donne à l'âme une extension telle qu'elle tend vers l'infini. N'est-ce pas cette ouverture vers l'immense ou vers les abysses que l'inconscient confère à la psyché qui le rend - l'inconscient - encore et toujours, inacceptable ?