You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
En m'attelant à l'écriture de cette note de lecture, je me suis senti comme le Pierre Ménard, auteur du Quichotte de Borges : pour rendre justice à l'ouvrage de Laurence Kahn, dans lequel chaque mot, chaque phrase semble indispensable, j'aurais voulu le citer… in extenso ! C'est que Ce que le nazisme a fait à la psychanalyse est un livre passionnant, mais ardu, doublement ardu. Ardu tout d'abord parce que Laurence Kahn, citant souvent des témoins et des théoriciens de la Shoah nous plonge dans l'univers nazi, dans l'univers d'Auschwitz. Et si l'on désirait s'accrocher à la conception illusoire selon laquelle Auschwitz est un événement certes monstrueux, mais un accident, un déraillement dans l'histoire de l'humanité, elle nous montre, avec Imre Kertész, que si événement il y a eu, c'est un événement qui a mis un terme à la culture d'avant la Shoah, un événement inexorablement fondateur d'une nouvelle culture, ce qui concerne également la culture psychanalytique. Ardu également par la masse de documents que l'auteure apporte dans son impitoyable et rigoureuse argumentation. En effet, elle ne se contente pas de nombreuses citations, de phrases percutantes qui prennent parfois valeur de quasi-aphorismes, mais surtout, elle apporte une étude à la fois étendue et en profondeur d'ouvrages concernant d'un côté l'instauration de la culture nazie - de la contre-culture nazie - en Allemagne hitlérienne, les répercussions de cette culture sur la psychanalyse dans le