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Alessandra Lemma (Londres). « Identités de “trans-ition” : quelques réflexions psychanalytiques sur les identités trans-genre » (p. 1089-1106).
L'auteure rappelle la déferlante actuelle de passages trans-genres. Nous sommes passés d'une bisexualité honteuse au fait que « se choisir » un sexe est devenu, pour certain(e)s « tendance ». De nombreux adolescents pensent y trouver un « C'est ce qu'il me faut » dopé par internet. Un mouvement social anti-élaboratif se dessine ainsi et qui n'y souscrit pas peut même parfois être taxé de haine discriminatoire. Le changement de sexe est pourtant à la fois polymorphe et univoque. Polymorphe car il va du trajet chirurgical complet à se réclamer de l'autre sexe sans rien changer d'anatomique en soi. Il est univoque car il propose un modèle « taille unique » où l'évolution vers l'autre sexe est supposée avoir réponse à tout. Elle n'est alors envisagée que dans son « comment » et non dans son « pourquoi ». Lemma nous fait profiter de sa grande expérience et elle expose deux cas. L'un concerne une jeune fille qui interrompra sa demande de mutation sexuelle après avoir rapproché son « se sentir garçon » de sa culture d'origine, où elle fut une enfant abandonnée, cela probablement car elle était une fille. L'autre suivi concerne une jeune fille (une ex-enfant abusée) qui engage un parcours chirurgical et qui, après sa mastectomie, devient dépressive et suicidaire. L'élaboration est toujours un « plus » pour ces patients, même quand la chirurgie est effective et ne résout pas la problématique psychique. Cela même si la demande de changement de sexe est faite de façon pressante et urgente, voire