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Avec la publication du Complexe de Josiane, Nouvelles psychanalytiques, Michel Granek s'inscrit dans le sillon des psychanalystes écrivains que sont Didier Anzieu avec Contes à rebours, Michel de M'Uzan et ses Short stories. Je pense aussi à Jean-Bertrand Pontalis, auteur de Loin, de L'amour des commencements et autres écrits que j'ai lus avec délice. C'est surtout Fenêtres que j'ai en tête, car il y a dans la série des petits récits de cet ouvrage un subtil mélange entre une quotidienneté racontée à la Georges Perec, une grande sensibilité et une réflexion sur le travail du psychanalyste teintée souvent d'humour, d'une certaine mélancolie, mélange que je retrouve dans les trois nouvelles que publie M. Granek. Ce n'est d'ailleurs sans doute pas pour rien que M. Granek a été responsable de la traduction et de l'édition en hébreu de Fenêtres ! L'amitié entretenue par les deux hommes a aussi conduit à la traduction et l'édition du Vocabulaire de psychanalyse (J. Laplanche et J.-B. Pontalis).
Michel Granek est psychiatre, psychanalyste en Israël. Il est auteur de nombreux articles. Je pense en particulier à : « Passeurs du passé, relève de l'impassé » (Granek, 2014) et « Histoire de faussaire » (Granek, 2015) où, aussi bien dans l'un comme dans l'autre, il montre, entre autres, une fine analyse de son contre-transfert.
Mais revenons à Le complexe de Josiane qui est le premier livre de M. Granek, recueil de trois nouvelles analytiques dans lesquelles nous sommes invités à partager les affres de Josiane Laon une psychologue psychanalyste très renommée de la SPP, celles du Docteur Bourru, médecin généraliste de quartier qui a de bonnes connaissances de la psychiatrie et qui est sensible aux phénomènes inconscients, ainsi que les tourments de Jean-Paul Girard, jeune psychiatre qui débarque dans un hôpital de province et qui reconnaît, lui aussi, les phénomènes inconscients.
Récits imaginaires certes, mais dans lesquels nous sommes plongés avant tout dans le sel de l'épaisseur