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La dernière livraison de Psychanalyse et Psychose, « Étranger, Étrangeté », propose de nouveau un thème particulièrement attaché à la vocation de la revue, puisqu'il convoque tout à la fois l'expérience psychotique et le cœur de la découverte freudienne, l'altérité interne de l'inconscient. Mais, ainsi que j'essaierai de le mettre en exergue, il met en jeu une troisième dimension, celle du lien à autrui, et plus largement du lien social, dont la prise en compte s'avère indispensable à la compréhension psychanalytique de la psychose, mais tout autant à la compréhension psychanalytique du psychisme en général.
Nous verrons dans les différents articles, présentés dans son introduction par Alain Gibeault, ces trois dimensions intimement intriquées, s'éclairant mutuellement par leur interaction même.
Un premier groupe de textes aborde le thème à propos de la situation d'étranger au sens politique et culturel.
Il en est ainsi avec « La psychanalyse aux pays du destin. L'exemple de la Tunisie », de Riadh Ben Rejeb. Celui-ci est psychanalyste de la SPP et professeur de psychopathologie clinique à l'Université de Tunis, auteur de nombreux ouvrages et articles (sa bibliographie ne compte pas moins de vingt références sous son nom), et il propose dans le présent article une réflexion sur la place de la psychanalyse dans la culture tunisienne. Il y souligne l'importance de la dimension groupale dans celle-ci, qui expliquerait pourquoi la psychanalyse a du mal à s'y installer. Mais il fait une remarque qui me semble très intéressante pour le thème du numéro : « L'Islam propose donc autant de rituels religieux et sociaux efficaces qui visent à protéger les individus. Du coup, les psychanalystes n'ont pas beaucoup de travail à faire en milieu musulman. » Ce point de vue, venant d'un psychanalyste, met en valeur la dimension d'inclusion culturelle dans la bonne santé psychique, et a contrario, suggère donc que le statut d'étranger pourrait être un facteur de fragilité.
C'est une même r