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La psychanalyste allemande Ilse Grubrich-Simitis est surtout connue en France pour son immense travail d'éditrice scientifique des œuvres de Freud au S. Fischer Verlag et son ouvrage Freud: retour aux manuscrits. Faire parler des documents muets1 (Paris, Puf, ). Alors qu'elle travaillait à la publication de la correspondance entre Freud et Ferenczi, elle fit la découverte d'un manuscrit de Freud de 1915, jusqu'alors inconnu, l'ébauche du douzième essai métapsychologique perdu2. En 1985, elle a publié le fac-similé et la transcription, ainsi que la version éditée de ce texte sous son titre original Übersicht der Übertragungsneurosen, avec un essai de sa plume, « Metapsychologie und Metabiologie » (S. Fischer Verlag). Sous le titre Vue d'ensemble des névroses de transfert, J.-B. Pontalis a présenté la traduction française des parties essentielles de cette édition, y compris l'essai d'Ilse Grubrich-Simitis, dans sa collection « Connaissance de l'Inconscient » . Faisant suite à cette découverte, Ilse Grubrich-Simitis a montré que la « fantaisie phylogénétique » exposée dans ce manuscrit permet de réunir modèle du trauma (séduction, réalité externe) et modèle pulsionnel (réalité interne)3. Le « biologisme » de Freud peut ainsi se dire, à l'heure actuelle, en termes d'inscription transgénérationnelle du trauma, en lien étroit avec le travail clinique avec les descendants des survivants de la Shoah.
Une part importante du travail et des recherches théoriques et cliniques d'Ilse Grubrich-Simitis porte, en effet, sur le traumatisme extrême, en particulier sur la Shoah. Ces textes ne sont pas traduits en français à ce jour. Ils ont cependant beaucoup contribué aux travaux actuels sur le traumatisme et sur les cures des descendants des survivants de la Shoah4.
Malgré l'importance historique du premier de ces textes « Extremtraumatisierung als kumulatives Trauma5» [La traumatisation extrême en tant que trauma