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Dans L'analyse avec fin (2016), Jean-Louis Baldacci partait du paradoxe du transfert, qui est à la fois la plus grande des résistances et la meilleure arme pour les réduire. Car le transfert, dans sa dimension d'investissement, fixe à l'objet et aliène ; mais dans sa dimension de déplacement, il éloigne de l'objet, transforme les traces mnésiques en souvenirs, ouvre sur l'autre et libère la pensée. L'étude de la dynamique processuelle de ce paradoxe a conduit l'auteur à un autre paradoxe: celui de l'interprétation dont certaines formes renforcent le transfert-investissement, tandis que d'autres le réduisent au profit de l'ouverture et d'une fin possible de l'analyse.
La coexistence dynamique de la sexualisation et de la désexualisation, expression du jeu analytique pris entre la séduction et l'interdit, manifeste un troisième paradoxe. Ce jeu donne à la parole sa fonction symbolisante, permet l'investissement d'un nouvel objet ainsi que le partage d'un idéal. Avec Dépasser les bornes, le paradoxe du sexuel, ces trois paradoxes sont ramenés à un seul, celui du sexuel comme concept limite qui permet la coexistence paradoxale de forces opposées, celles de la vie et de la mort, dont l'union et la désunion sont susceptibles d'ouvrir sur le nouveau grâce à l'instauration de transformations dynamiques fécondes. J.-L. Baldacci reprend donc « la grande énigme de la sexualité » (Freud, 1937) pour en manifester le paradoxe intrinsèque. La pensée freudienne souligne que le sexuel est un principe évolutif qui s'oppose aussi bien à la reproduction à l'identique qu'à la mort. Ce ne sont pas les sexes qui le définissent, mais leur différence, l'écart qui unit et sépare, signe de son essence paradoxale. Le sexuel permet l'articulation dynamique des couples d'opposés. Le sexuel pousse ainsi au dépassement des limites, au franchissement des bornes imposées. « À quelles conditions et avec quels risques le sexuel permet-il de dépasser et d'utiliser le jeu des forces opposées qui le const