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Ce livre de Rachel Rosenblum nous invite à partager des années de réflexions, de questions, de doutes et de recherches approfondies sur la clinique des traumatismes extrêmes. Il porte sur le traitement par le dispositif et la méthode psychanalytiques des effets destructeurs de ces traumatismes sur la vie psychique des victimes, de leurs descendants ou de leur entourage. Le sous-titre du livre: Shoah, traumas extrêmes et psychanalyse des survivants en indique le contenu. Rachel Rosenblum a consacré à ce thème beaucoup d'articles et d'essais qui lui ont valu deux prix, le prix Hayman pour ses études sur l'Holocauste et le génocide en 2013, décerné par l'API, et le prix Maurice Bouvet en 2016 pour l'ensemble de ses écrits et pour deux articles publiés dans la Revue française de psychanalyse en 2000 et en 2016.
La lecture de ce livre ne se fait pas sans une vive émotion. Celle-ci traverse autant les récits de cure de patients venus chercher de l'aide auprès de psychanalystes pour une souffrance innommable, que ceux d'écrivains célèbres ayant vécu la Shoah ou ses conséquences, et que l'écriture ne put sauver d'un destin dramatique. Il y a tout au long du livre un entrelacement subtil entre ces deux espaces, celui de la cure et celui de l'écriture. Cette navigation constante suscite et nourrit une profonde réflexion.
C'est un très beau livre, sensible, sobre, cultivé, profond. Un livre qui condense à la fois une expérience humaine et de longues années de travaux cliniques sur la psychanalyse des survivants de la Shoah et leur devenir psychique.
C'est aussi le livre d'une psychanalyste « engagée » au sens où l'entendait André Green auquel Rachel Rosenblum se réfère souvent et dont la pensée est fortement présente tout au long du livre, en particulier autour du concept de « position phobique centrale », qui souligne bien le risque d'une « potentialisation » des traumas et de leur amplification dès lors que, nombreux, cumulatifs, ils sont mis en relation les uns avec les autres