You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Ce numéro a pour titre « La haine ». L'équipe éditoriale voulait garder une syntonie avec le mouvement politique et social que le Brésil traverse. Les deux précédents numéros traitaient de politique. Celui-ci est le reflet d'un moment de polarisation politique avec l'émergence de sentiments de haine qui ne se dévoilent pas en temps normal, mais sont exacerbés lorsque la démocratie est en péril. Freud a souligné le poids de l'agressivité dans l'économie psychique. La colère, la haine et la destructivité sont dans l'attente d'une occasion pour permettre à leur force de s'exprimer. Les psychanalystes brésiliens ont saisi le moment social et politique pour définir des concepts qui permettent de continuer à penser et à élaborer tout en étant connecté avec le socius. Je m'excuse de ne pas pouvoir mentionner tous les travaux, mais il m'a semblé plus pertinent de développer davantage les plus représentatifs au niveau de la clinique ou de la pensée du pays.
Douglas Rodrigo Pereira et Nelson Ernesto Coelho Junior ressentent comme étrange la haine chez l'analyste: « Le récit d'une expérience étrange: la montée de la haine chez l'analyste ». Le texte est très intéressant, car les auteurs travaillent avec des patients sous addiction aux drogues. Très souvent ils ont eu des pensées d'agressions, d'abandon, de torture et parfois de mort vis-à-vis de leurs patients. C'est seulement après la fin de ce travail institutionnel qu'une élaboration théorique a été possible, dans la tentative de donner un autre destin à cette expérience, en dépassant la culpabilité et la honte. Pouvoir penser et questionner cette haine chez l'analyste est l'objectif de ce travail.
L'approche de la haine et du narcissisme permet d'établir un nouveau regard. Si on pense à une haine qui établit des frontières, qui inaugure un temps originaire de différenciation entre le moi-plaisir et l'objet, et qui constitue les limites du dedans et du dehors, nous pouvons alors l'envisager comm