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Cet ouvrage récemment publié aux Éditions Ithaque permet de découvrir ou redécouvrir la pensée de León Grinberg, psychanalyste argentin mort en 2007 et dont les nombreux travaux seront peu diffusés en France à défaut de traduction.
À l'intéressante construction de l'ouvrage centrée sur les questions de contre-transfert et de contre-identification projective, il convient d'adjoindre la préface de Jean-Michel Assan, à qui l'on doit la sélection et la traduction des textes de ce livre, et qui permet de replacer le travail de Grinberg dans un contexte historico-théorique international.
Médecin et psychanalyste, León Grinberg a été membre de l'Association psychanalytique argentine (APA) et vice-président de l'International Psychoanalytical Association (IPA) entre 1965 et 1969. Il fuit l'Argentine et la dictature et se réfugie en Espagne en 1976. Issu de la très fertile école de Buenos Aires, seuls deux ouvrages sont parus en français jusqu'ici : Culpabilité et dépression et Psychanalyse du migrant et de l'exilé .
Mais Qui a peur du contre-transfert ? Derrière ce titre un brin facétieux se profile une allusion aux controverses qui ont entouré les théories du contre-transfert, comme si celui-ci comportait intrinsèquement une menace. Les psychanalystes ont eux aussi leurs peurs à conjurer et ces mêmes théories pourraient bien être le reflet de manifestations anti-phobiques comme le souligne Paul Denis (2010).
Grinberg s'inscrit dans cette filiation où apparaissent Melanie Klein, Winnicott ou Bion, qui a transformé une conception « classique » freudienne du contre-transfert en une conception dite « moderne » où celui-ci est appréhendé comme un