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Tous les « psychistes », pour utiliser ce néologisme inventé par François Tosquelles pour désigner tous les soignants des institutions psychiatriques, savent combien l'abord corporel des traitements psychothérapiques pour des patients en grande difficulté et tout particulièrement pour les adolescents, est essentiel et central.
Sur le plan théorique cela paraît évident. En effet, dans le fonctionnement psychotique, les troubles de symbolisation sont tels que l'harmonie et la fluidité des échanges entre la représentation, l'affect et le corps sont rompues. L'adolescent est toujours en prise avec la violence pulsionnelle exacerbée par le bouleversement pubertaire et l'exigence développementale sur les plans psychologique, biologique et social de se constituer une identité sexuelle.
Le but de cet ouvrage est de faire la promotion du travail que font les psychomotriciens avec les adolescents en difficulté et il faut dire que c'est réussi.
Catherine Potel qui dirige cette somme de témoignages avec Jean-José Baranes sait de quoi elle parle. Elle a une longue expérience de son métier, dans des lieux de soins très divers, et elle a toujours su rendre compte de son travail qu'elle a mis en forme dans de nombreuses publications.
Le lien instauré avec un adolescent, quels que soient le cadre et le contexte, engage le corps de chacun des protagonistes. La tentation est toujours grande d'utiliser avec eux des circuits courts pour opposer aux attitudes de défi des contre-attitudes autoritaires, aux comportements provocants une fausse indifférence ou un geste de contention.