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Vue sur mer est une invitation à explorer la notion de lieu pour en penser les modalités d'investissement et ce qui permet de les constituer comme lieu psychique. Qu'est-ce qui nous relie à un lieu, nous fait nous sentir appartenir à lui ? Comment s'ancre-t-on dans un lieu ? « Qu'est-ce qu'une maison natale, un pays natal, un lieu d'origine, pourquoi et comment y est-on attaché ? Pourquoi dit-on qu'on a des racines ? » Ces questions liminaires suivent l'épigraphe perecquienne qui condense la préoccupation centrale du livre et en trace les voies d'exploration aussi bien théoriques que cliniques : « Comment arracher à l'espace le lieu qui sera vôtre ? » (Perec, 1974, p. 140).
L'architecture du livre est composée de quatre parties, « La maison natale », « Lieux, non-lieux et anti-lieux de l'adolescence », « Le non-lieu de naissance » « Heimat: un lieu identitaire », chacune d'elle puisant en différents matériaux les motifs de sa construction : matériaux littéraire (ses premières amours, Isée Bernateau est agrégée de lettres modernes), anthropologique, philosophique, cinématographique… Les fondations et l'armature en sont psychanalytiques.
Dans le premier chapitre, l'auteure convie le lecteur à penser ce qu'est une « maison natale » dont les deux termes sont explorés, chacun faisant l'objet d'une étude conceptuelle engagée à partir des énigmes soulevées par la clinique psychothérapique d'adolescents et de jeunes adultes faisant de leur maison le lieu de la nostalgie pour Gabriel, un lieu fortement érotisé par Lola, un lieu pour s'ancrer chez Ramesh…
La question de savoir ce qui fonde la maison comme concept a passionné les anthropologues, les sociologues, tels que Lévi-Strauss et Bourdieu, dont l'auteure rappelle les travaux, les conduisant respectivement à penser la maison comme organisation singulière de la transmission et comme « capacité à résister à la désintégration et à la dispersion » (Bourdieu, 1972, p. 45-49). Conceptions faisant peu ou prou de la maison le dépos