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Ce numéro de la Rfp a été « bouclé » en mai 2020, au terme du confinement imposé par la pandémie de Covid-19. Bien que son thème, « Pulsion de vie », résonne particulièrement avec les temps troublés que nous vivions, son élaboration était en cours depuis plus de dix-huit mois.
Ce thème interroge les rapports entre pulsions sexuelles et autoconservation ; il nous renvoie autant à notre interdépendance qu'à la dépendance vitale des premiers jours ou à celle de la maladie. On le verra dans les textes proposés : entre soins de survie somatique et psychique, créativité et « violations », l'autoconservation - qui apparaît moins « auto » que jamais - est souvent à la merci de l'autre, de son indifférence ou de son bon plaisir. Ces dimensions sont par ailleurs inséparables d'une remise en débat de l'articulation entre pulsions de vie et pulsions de mort initiée par le « tournant » de 1920 et, in fine, de la réaffirmation de la formidable puissance créatrice d'Éros.
De cette puissance créatrice témoignent notamment, dans le champ de la psychanalyse et à ses marges, quelques brèves réflexions de Paulette Letarte aux frontières de la mort, ou le prodigieux travail de Ziva Postec, monteuse du film Shoah de Claude Lanzmann. D'autres textes présentés dans les rubriques « Histoire de la psychanalyse » et « Recherches » explorent quelques-unes des multiples dimensions de la vie, entre biologie et métapsychologie, depuis l'étude des anguilles (Rodrigo Alberto Cornejo Portilla) jusqu'aux manifestations de l'amour et de la mélancolie analysées par Rosine Perelberg et Catherine Chabert.