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« Conceptualiser des processus psychanalytiques » - C'était le thème d'une série de colloques psychanalytiques de formation entre 2014 et 2017. Le numéro de revue que je présente ici est issu de ces colloques. Voici une recension de deux articles intéressants.
Ursula Ostendorf : « Identification et conceptualisation - un jeu d'échange difficile autant que nécessaire entre le sentir intuitif et le comprendre ordonné ».
Elle cherche à comprendre les identifications inconscientes, empathiques et intuitives, et leur importance pour les processus de conceptualisation. Elle commence par une recherche sur l'étymologie latine des mots identifier et conceptualiser. Pour le mot identifier (idem facere) elle trouve les termes faire pareil ou rendre une chose pareille. U. Ostendorf considère que ce sont des motions ou des mouvements qui occupent une place centrale dans les liens qui sont premiers et qui restent en grande partie inconscients ; des liens de non-séparation qui protègent contre l'étrangeté. Le terme de conceptualiser (concipere en latin) inclut un cluster de mots, notamment accepter, recevoir, prendre, accueillir et ordonner. Elle considère que dans le processus analytique les mouvements d'identification et de conceptualisation vont ensemble dans un jeu d'oscillation continu.
Pour illustrer son sujet elle se réfère à une métaphore musicale de D. Meltzer : le musicien s'abandonne parfois à son émotion musicale tout en restant fidèle à son concept (l'idée présente dans la partition) musical. Le psychanalyste, à l'instar du musicien, peut se perdre par moment dans une émotion intuitive et empathique pour le patient, mais son concept reste toujours à sa disposition au fond de son esprit.
Voici sa vignette clinique : dès les premiers rendez-vous avec Mme S., 54 ans, U. Ostendorf avait du mal à s'identifier et à comprendre cette patiente. Elle se sentait bousculée, anesthésiée, somnolente pendant la séance, comme si elle était emprisonnée dans une toile d'araignée. Il n'y av