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L'affaire de la rue de Lourcine, un des nombreux vaudevilles d'Eugène Labiche, régulièrement joué depuis sa première représentation au théâtre du Palais-Royal le 26 mars 1857, devait être représenté à Paris, jusqu'à la fin mars au théâtre Darius-Milhaud et d'avril à juin au Lucernaire par la même troupe1. L'affiche du théâtre l'annonçait comme le « very bad trip du XIXe siècle ». Justine Vultaggio est à la mise en scène ; elle joue aussi et chante avec les acteurs : Oscar Voisin, Antoine Leonard, Reynold de Guenyveau, Gregory Dété, et Gabriel Houdon. Cette troupe est jeune et enthousiaste ; la pièce courte, vive et enlevée. L'ironie y est sensible en permanence et, comme de coutume dans un vaudeville, des passages musicaux, chantés et dansés, contribuent à l'entrain de l'ensemble.
À l'issue d'une « scène originaire » que les personnages principaux maintiennent dans un profond oubli - « Ah, ça ! Il y a une lacune dans mon existence ! », dira l'un d'eux (soit, les suites du banquet des anciens de la pension Labadens) les premiers troubles apparaissent dans la vie conjugale du jeune couple chez qui « l'affaire » se déroule. Une cascade de quiproquos s'amorce alors, qui alimente la panique des deux principaux personnages, conduit à des assassinats en série pour cacher le premier et sauver les apparences. Tous ces crimes, purement imaginaires, camouflent un très vraisemblable débordement sexuel qui s'esquisse au début avec la trouvaille d'un mystérieux « tour de cheveux féminins » et se découvre davantage à la toute fin de la pièce. Que s'est-il passé avec « la demoiselle du comptoir » où ils se sont enivrés ? Pourquoi amener et cacher son bonnet, son soulier ? La pièce se termine en laissant aux spectateurs le soin de l'imaginer.
Cette pièce, comme l'ensemble - prolifique - de l'œuvre de Labiche2, est située dans le propre milieu social où il vécut, la petite-bourgeoisie du Second Empire. Avec une lucidité psychologique, une ironie mordante et une belle capacité à créer d