You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Le volume du printemps 2019 de la Revue Belge de Psychanalyse regroupe six articles qui traitent du processus identificatoire ou de ses impasses. Tous les auteurs nous confrontent à du matériel brut, bouillonnant, tumultueux, en mal de transformation, quel que soit l’âge de la vie auquel ils se réfèrent. Le titre du numéro, « Passages et impasses identificatoires », aurait tout autant pu faire référence à Bion, sa fonction alpha et ses éléments bêta. Nous les retrouverons pratiquement dans chaque article, notamment à travers ce qui pourra faire office de fonction alpha, ou à l’inverse par ce qui y fera défaut. Il sera ainsi souvent fait appel à l’« autre » en ce qu’il permet l’advenue de la vie psychique par la transformation d’éléments bruts. L’autre, le parent, mais aussi l’analyste et la fonction transférentielle qui permet la relance d’une dynamique psychique. Mais il sera davantage encore fait appel au corps, comme première surface ou interface où peuvent s’inscrire des éléments transformés.
Ce numéro s’ouvre ainsi sur l’article de F. Romano et M. Sanchez Cardenas, où l’on suit Alice aux pays des merveilles pour illustrer les potentialités du corps, créateur de la fonction psychique. Le texte de Lewis Carroll est lu comme une quête d’un contenant mental à tous les vécus adolescents tant psychiques que corporels. Les auteurs s’appuient sur les travaux de Ferrari, qui considère le corps comme le premier pourvoyeur d’éléments bêta. Le corps aurait l’avantage d’être en permanence disponible et ainsi de pouvoir être sollicité à chaque moment chaotique de la vie. Il n’est pas celui qui donne sens aux éléments bruts, mais celui qui s’agite, qui émet des signaux pour faire appel au psychisme et exiger de lui une mise en ordre du tumulte exprimé. Le corps serait une sorte d’intermédiaire capable de solliciter le psychisme ou plutôt, de déclencher une fonction maternelle alpha pour l’exploiter dans une relation de soi à soi, du corps à l’esprit.
C. Matha poursuit cette idé