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À la lecture de cette dernière livraison de Psychanalyse et psychose, il m’est apparu qu’il serait difficile de rendre compte de l’ensemble des textes, qui sont, comme habituellement dans cette revue, répartis en nombre égal entre théorie et clinique. En effet, les textes théoriques sont suffisamment riches, et parfois complexes, pour justifier une étude approfondie, éclairée par leur mise en regard réciproque. C’est l’option que j’ai retenue, au détriment des textes cliniques.
Je commence donc par le texte d’Augustin Jeanneau, « Après-coup. Retour sur la cyclothymie. Étude psychanalytique ».
Dans ce texte, très dense, et parfois ardu, l’auteur revient sur son ouvrage publié en 1980, La cyclothymie. Son propos était, déjà à l’époque, d’aborder psychanalytiquement un trouble psychiatrique souvent considéré comme le plus « médical », le moins « psychologique » : en raison de l’imprévisibilité des accès, de la rupture qu’ils représentent avec la personnalité habituelle du sujet, dans leur début comme dans leur fin, de leur traitement privilégié par des moyens chimiques (antidépresseurs, antipsychotiques, régulateurs de l’humeur), voire physiques (sismothérapie), de leur dimension génétique.
Pourtant l’auteur considère au contraire qu’il faut précisément s’interroger psychanalytiquement sur ces particularités.
Il suit sur ce plan l’exemple de Freud, avec « Deuil et mélancolie », puisque celui-ci y fait le lien, décisif, entre la mélancolie, état souvent sans rapport avec un sens compréhensible, et le deuil, expérience humaine universelle au contraire, et universellement partageable.
Pourtant, faire ce lien exige tout un chemin, car les différences sont marquées néanmoins. C’est à ce parcours que nous convie l’auteur.
Ainsi il souligne pour commencer à quel point la douleur morale, par opposition au déplaisir, est souvent pauvre en représentations. Sinon peut-être dans l’aspiration à l’équivalent de l’amputation pour la douleur physique, c’est-à-dire le suicide. Dans la décisi