You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
L’intitulé de ce numéro d’Adolescence, « Les sexualités », nous invite d’emblée à penser à une approche au pluriel ; en effet, on pourrait imaginer qu’il s’agit d’un prisme, permettant d’aborder par « réfraction » les différents mouvements, remaniements psychiques à l’adolescence : jeux d’identification, différents avatars au cœur de la « traversée » de la problématique œdipienne ainsi qu’une multiplicité de manifestations exprimées par le biais du corps, celles-ci renvoyant à ces aspects propres au processus adolescens (Ph. Gutton).
Plusieurs articles visent à interroger comment « les sexualités » à l’adolescence, par un éventail de modalités d’expression, vont remettre en question le cadre dans la prise en charge de ces patients. Ce sera en particulier la question de « l’effraction du pubertaire » ainsi que la notion de « remaniement de la problématique œdipienne » à cette période, et la « problématique identitaire » qui seront abordées par les auteurs dans une portée qui permettra peut-être de penser à la valeur paradigmatique des « sexualités » dans ce contexte.
Plusieurs axes se dessinent dans ce numéro : nous nous arrêterons sur les articles les plus représentatifs.
Benoît Servant, dans son article « Confusion des sentiments », développe les difficultés liées aux défaillances de la fonction paternelle, s’appuyant sur le travail psychothérapeutique proposé à un adolescent, en milieu institutionnel : il évoque le fonctionnement psychique de ce jeune marqué par la crainte de l’empiétement, d’une part, alors qu’on notera un rapprochement excessif avec sa mère en même temps qu’un besoin de mise à distance très importante à son égard.
L’accrochage à la mère, qui en même temps serait restée « suspendue » dans une situation marquée par la perte du père du patient (séparation précoce) et l’absence de son propre père, aura comme effet une relation où le « malentendu » (« Confusion des sentiments ») serait au premier plan, renvoyant à la célèbre notion de « Confusion des lan