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Regroupées par Charlotte Perrin-Constantino et ses collègues de la rédaction de la revue Cliniques, les contributions des numéros 17 et 18 ont le courage de se confronter aux différents aspects de la peur rencontrée dans la pratique des soins en psychiatrie. Je ne donnerai qu’une vue d’ensemble de la richesse de ces articles qui méritent tous d’être lus attentivement. Ils traduisent la démarche, complexe, diversifiée qui est celle des psychanalystes qui, en plus de leur exercice en cabinet, acceptent de voir leurs références théoriques et cliniques mises à l’épreuve par les réalités institutionnelles.
D’emblée, Patrick de Saint Jacob évoque l’angoisse et la peur des patients qui entrent dans un service de soins psychiatriques. Nous pouvons trop facilement méconnaître cette peur, car nous sommes depuis longtemps « dedans ». D’autre part l’angoisse saisit souvent le soignant qui débute et qu’on laisse parfois démuni. En effet, il cherche à la masquer par une conduite inspirée par le sentiment de « bien faire ».
Charlotte Perrin-Constantino introduit la démarche de ceux qui ont participé au colloque de mars 2018 (organisé par la Revue), remarquant que l’analyse de ces peurs fait rarement partie des élaborations de l’équipe soignante. Or l’approche des questions posées à chacun s’effectue sous la forme des aspects négatifs. Comprendre la négativité existant dans les conduites anormales, suicidaires, les mises à mal des liens familiaux, confronte à l’inconnu toujours redouté. D’où les habitudes infantiles de jouer à se faire peur.
Le texte de Francis Pasche : « Peur de la mort, angoisse de mort, défenses du moi » nous permet de retrouver la fécondité de la pensée de ce psychanalyste, qui, avec calme et détermination, a permis à toute une génération de collègues