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Jean-Claude Lavie nous a quittés juste avant la parution en librairie de son dernier ouvrage intitulé Le sexe dans la bouche ; c’est aussi le titre d’un des chapitres qui a pour ambition de rappeler qu’en psychanalyse le sexe se manifeste par la bouche de qui l’évoque de façon directe ou détournée. En effet, « le signifié est affaire d’entendement, le signifiant est affaire d’écoute ». Lavie porte un coup très dur à la scientificité de la psychanalyse dans la mesure où force est de constater que les analystes ne sont pas tous sensibles au même signifiant : « Il en résulte que le signifiant qui est au cœur de l’écoute analytique se révèle être en même temps le plus perfide ennemi de la scientificité de la psychanalyse, pour l’indétermination de sens qu’il consent. »
Lavie avait un ennemi déclaré, l’objectivation ou pire la chosification qu’il dénonçait dans la façon dont les analystes témoignaient de leur pratique de la cure. Il soutient que celui ou celle que notre esprit constitue comme patient est forcément réduit à être « une construction imaginaire conçue par notre façon personnelle d’entendre et d’intégrer son attente inconsciente ».
Pour s’en prémunir lui-même, il a trouvé un style, son style, car même si le rêve de chaque psychanalyste qui « théorise » sa pratique est de forger un concept qui pourrait lui garantir une existence au-delà de la sienne, son ambition se heurte à une réalité assez déconcertante quand il s’aperçoit que le sens et la portée des mots, ceux des analysants autant que ceux de l’analyste, dépendent moins de qui les prononce que de qui les entend et ne va guère au-delà : « Ce que les adeptes de Freud, depuis les plus illustrent, jusqu’à vous et moi, peuvent s’autoriser à formuler se limite donc à de simples connotations, exercices de style parfois des plus intéressants parfois, pourrais-je dire, des plus anecdotiques au regard de l’intangible singularité de la méthode. »
L’ouvrage comprend une série de textes dont le fil rouge est la pratique