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Les liens entre art et pouvoir ne semblent pas évidents au premier abord, tant on aimerait croire que la création artistique est indépendante de toute influence extérieure, notamment de celle du pouvoir politique. Pourtant, il est très fréquent que des gouvernements utilisent et détournent des formes artistiques. Il suffit pour s’en convaincre de penser à la propagande du régime nazi. Le numéro 146 de la revue Topique nous apporte quelques éclairages à ce sujet. En ouverture l’article de Sophie de Mijolla-Mellor et Gokce Tuncel, « Existe-t-il une architecture totalitaire ? », pose la question de l’architecture produite ou productrice du totalitarisme. L’architecture est investie de la mission de montrer la grandeur d’un pouvoir politique. Retour sur la fascination de Rome pour Hitler et Mussolini, avec l’importance de l’idée du retour du même. Le néo-classicisme serait le style des dictatures, cependant les auteurs émettent des réserves sur une architecture qui aurait des caractéristiques stylistiques totalitaires.
Radu Clit interroge quant à lui « Les arts, leurs cadres, leur pouvoir et la psychanalyse ». Dans l’art, le pouvoir du cadre est d’attirer l’attention en proposant une aire transitionnelle qui comme en psychanalyse peut affiner la capacité de symbolisation.
Angélique Christaki, dans « Le pouvoir désaliénant de la rencontre avec l’œuvre d’art », nous propose une relecture de textes de Kundera qu’elle fait résonner avec l’inquiétante étrangeté de Freud.
Dans « La musique, un appareil idéologique d’État. L’occupation nazie en France », le champ musical est abordé également au cours d’une analyse de la musique de masse par Jean-Marie Brohm et Lætitia Petit avec pour exemple l’occupation nazie de la France qui s’est traduite par un processus de colonisation de la musique germanique avec la collaboration active des institutions musicales du régime de Pétain et les organismes de propagande des autorités nazies installées à Paris. La musique est alors destinée à pro