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Ce numéro traite des différentes modalités de construction susceptibles d’être à l’œuvre dans l’analyse de patients présentant des organisations non névrotiques. Les auteurs nous proposent une approche renouvelée et contemporaine de ces modalités.
L’article inaugural de Claude Smadja (« La maladie comme objet ») revient sur la notion de travail de somatisation que ce dernier compare aux autres modalités de travail psychique : le travail du rêve et le travail de deuil chez Freud, le travail de mélancolie chez Rosenberg et le travail du trépas chez de M’Uzan. L’auteur définit le travail de somatisation comme « l’ensemble des transformations qu’opère le Moi dans une conjoncture traumatique pour aboutir à une solution somatique ». Le Moi, en tant qu’instance psychique, acteur et opérateur de ce travail, se voit aussi transformé par lui. Contrairement aux autres modalités de travail psychique, où seul le Moi psychique est transformé, le travail de somatisation « modifie le corps et le Moi corps tout en réduisant la valeur fonctionnelle des processus psychiques ». Ce processus intervient dans le cadre d’un défaut de mentalisation sur un fond de dépression essentielle et de désorganisation progressive. Il opère en deux temps : un premier temps, destructeur, où, face à l’excès d’excitation, le travail du négatif utilise la fonction anti-excitation de la pulsion de mort à des fins défensives et aboutit à une maladie somatique grave, stigmate d’une altération des fonctions somatiques par une énergie organique issue d’une déqualification de la libido, et un second temps, de guérison, où la maladie somatique constituée se voit investie comme objet, offrant au Moi de nouvelles possibilités de réobjectalisation et d’intrication pulsionnelle.
Dans sa « Discussion du texte de Smadja », Christian Delourmel précise que la pulsion de mort intervient chez Marty en tant que « courant de déconstruction » et non comme force pulsionnelle autonome, tandis qu’elle agit pour Green comme force d