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Ce nouveau volume de la revue Adolescence ouvre un champ de réflexion très riche autour des rapports entre adolescence, violence et psychiatrie. Les problématiques et les hypothèses engagées par les différents auteurs s’organisent autour de trois axes privilégiés.
Le premier axe traite des rapports entre violence, adolescence et pulsionnalité. Paul Denis ouvre la réflexion sur « Les racines de la violence » en nous rappelant qu’il s’agit d’abord d’une notion qui renvoie à l’économie psychique et désigne un excès d’excitation qui a une valeur désorganisatrice pour le psychisme et lui impose des procédés pour la traiter. À l’adolescence, la montée d’excitation n’a plus à sa disposition les voies anciennes d’expression. « Lorsque la violence de l’excitation ne trouve pas les voies de la satisfaction, tout l’investissement risque de s’engouffrer dans les conduites d’emprise. » Les actes violents seraient des tentatives de maîtrise de l’excitation. Ils pourraient répondre à la recherche d’une exaltation de seule emprise pour émerger de la désorganisation traumatique.
Cet « excès » excitation et ses effets intrapsychiques soulèvent la question de la valeur désorganisatrice ou désymbolisante de la violence à l’adolescence. Sonia Harrati et David Vavassori, dans leur article « Agir violent et impasse pubertaire », décrivent comment, chez certains adolescents, la puberté a lieu, mais sans les modifications psychiques lui permettant de donner sens à ces transformations qui sont vécues comme dépersonnalisantes. Ce franchissement de l’épreuve du pubertaire est alors mis en échec, et la rupture du processus symbolique pousse l’adolescent vers l’agir violent et/ou la création délirante.
Au travers du cas d’un adolescent psychopathe, Florent Houssier et Jean-Yves Chagnon expliquent, dans l’article « Psychopathie et destructivité de l’objet », comment le passage à l’acte peut intervenir comme fonction de prothèse protectrice pour le moi, là où le délire menacerait d’envahir le sujet.