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Dans un livre dense et inédit, traversé par la passion de penser la chose inconsciente, Jean-Claude Rolland revisite l’œuvre freudienne pour interroger de façon novatrice les questions concernant le fonctionnement de l’inconscient et la spécificité du processus analytique. À quel destin la cure analytique contraint-elle la parole de l’analysant, lorsque, détournée de sa fonction référentielle par le transfert, elle conduit le couple analytique sur des terres psychiques inconnues ? Par quelles voies l’activité de parole, telle qu’elle s’exerce dans l’intimité de la séance, devient-elle susceptible d’amener l’analysant vers cette « guérison psychanalytique », à la fois crainte et désirée ? Une hypothèse métapsychologique audacieuse est avancée d’emblée : la langue reçue par l’individu de sa communauté, associée aux images mentales qu’il produit lui-même, ordonnerait l’esprit en différentes strates. La plus primitive d’entre elles, qualifiée de « troisième langue », est supposée constituer la substance même de Psyché. Aussitôt ce postulat formulé, une question ne manque de se poser : quelle place occupent dans le fonctionnement psychique ces ingrédients que sont, d’une part l’image et la sensorialité en général, de l’autre la langue et la parole qu’elle permet ? Pour y répondre, Rolland n’établit pas de hiérarchie entre langage et image, mais s’emploie surtout à montrer ce qui les lie, tout autant que ce qui les délie. Dynamique au sein de laquelle les activités imageantes et verbales de l’esprit vont relayer la première répétition transférentielle, invisible et muette, d’un passé aboli. Elles en assurent la reprise sur deux scènes : la scène du visuel où la consistance et la sensualité de l’image s’offrent à l’accomplissement de désir ; la scène de la parole dont le pouvoir d’abstraction, de négation et de jugement autorise le renoncement. À travers de nombreux exemples cliniques l’auteur démontre comment le passage de la « représentation de chose », pour lui l’image,