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Comment accueillir ce qui ressortit à l’expérience de l’informe, telle qu’on peut la vivre dans la cure, notamment la cure des patients qui relèvent de l’abord psychosomatique ? Comment faire avec ce qui n’a pu être transformé par le sujet et qui exige défensivement la répétition à l’identique au fil des semaines et des années dans une recherche désespérée de liaison ? Comment faire quand la maladie somatique est là comme conséquence (c’est la position des psychosomaticiens de l’École de Paris) ou comme substitut (c’est la position de Press) de l’effondrement psychique ?
Le souci de Press est de montrer que ce qui est demeuré informe et non transformé exige pour être finalement travaillé une contenance vivante de l’objet de transfert incarné par l’analyste. Vivante c’est-à-dire dépourvue de rétorsion, mais aussi d’a priori et de prêt à penser défensif. La démarche de Press, qui s’appuie sur la longue expérience de psychanalyste psychosomaticien, provoque la réflexion du lecteur. En effet, après avoir reconnu sa dette à l’égard de ceux qui l’ont formé (les membres fondateurs de l’École de psychosomatique de Paris, Marty, Fain, David et de M’Uzan, mais aussi Green et Pontalis, pour ne citer que des contemporains), et après avoir synthétisé de manière remarquablement claire l’apport conceptuel qu’il doit à chacun, comme les liens qu’il peut établir entre des théorisations d’apparence divergente, l’auteur s’en prend aux dérives dogmatiques auxquelles peut donner lieu toute théorisation, quelle qu’en soit la pertinence. Car pour lui si le travail de cure peut amener le sujet à donner forme à l’informe, à transformer ce qu’il n’est pas parvenu à métaboliser au fil de son histoire psychique, s’il doit finalement réintégrer ce que Freud désignait du terme de « fueros », c’est que l’analyste accepte de ne pas savoir et de se confronter à l’inconnu qui surgit – sachant faire preuve alors d’une authentique « capacité négative », vertu où John Keats lisait la source essentielle