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Il est surprenant que l’envie apparaisse si peu dans nos écrits. Comme si nos patients et nous-mêmes n’avions jamais vécu dans des fratries, dans des rivalités, dans des comparaisons déplaisantes et rancunières.
Il est probable que l’envie se trouve assignée, dans nos conceptions, entre deux options extrêmes, que pour des raisons diverses nous hésitons à adopter. Dans l’une, elle représenterait une trop étroite « envie du pénis », car elle ne serait présente que dans la psyché féminine ; lecture trop naturaliste de sa signification, qu’il y aurait quelque réserve à défendre dans le monde occidental d’aujourd’hui. Dans l’autre, elle s’arrogerait au contraire une signification trop vaste, trop primaire, trop fondamentale, en un mot : trop kleinienne pour être adoptée en pays freudien.
Et puis, que dire de cette étrange exclusion mutuelle qui fait que, là où on parle d’envie, on parle peu ou pas de désir (et inversement), ce dont témoignent de nombreux textes de ce numéro ? L’envie serait-elle envie du désir qu’on n’a pas eu, qu’on n’a pas osé avoir, ou qu’on n’a pas réalisé – désir que d’autres ont su avoir, et accomplir ? En tout cas, l’envie a suscité de l’envie, si l’on en juge par les très nombreux textes qui nous ont été envoyés.
Les textes sur l’envie de la partie thématique du présent numéro prolongent le colloque de Deauville d’octobre 2020, le dernier sous la direction de Paul Denis, qui est aussi un ancien directeur de notre revue. Ainsi, c’est à double titre que nous saluons ici tout ce qu’il nous a apporté.
Dans ce numéro, on trouvera aussi la première partie des rapports présentés au 52e Congrès de l’Association Psychanalytique Internationale , ainsi que plusieurs articles sous des rubriques diverses (psychanalyse et politique, psychanalyse et société, questions ouvertes en psychanalyse…), conformément à la nouvelle politique de publication de notre revue.
Vassilis Kapsambelis
Directeur de la Rfp