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En 2020, les deux numéros du Présent de la psychanalyse ne sont arrivés, ensemble, qu’au début octobre. Publication et diffusion des revues ont été retardées par le confinement.
Ce délai m’a conduit à pratiquer à ma manière un propos traité par Françoise Coblence et Jacques André dans le numéro consacré au refoulement (N° 3) : la vie psychique, le transfert, la psychanalyse dans son ensemble, la vie elle-même peuvent être compris comme des « détours ». Et voici donc mon compte rendu, détourné de son cours antérieur, orienté vers une particularité de la revue dont je me félicite.
Celle-ci se dégage comme principe de construction de chaque numéro et s’incarne de manière simple et séduisante. Pour développer le thème du numéro ou son titre, place est faite à d’autres que des psychanalystes : chercheurs, artistes, écrivains… une juriste aussi. Plutôt « qu’appliquée » à leurs domaines, la psychanalyse se trouve alors aux côtés de visées, de méthodes, de préoccupations, bien distinctes certes, mais néanmoins liées par un souci commun d’intelligibilité de l’humain.
Disons tout de suite le plaisir et l’enrichissement de la rêverie et de la pensée qu’engendrent ces textes pour moi sans doute, et pour les lecteurs en général, tant psychanalystes que « profanes ».
Chacun des quatre premiers numéros a inventé un dispositif d’ouverture différent.
Dans « Meurtre de la mère », deux psychanalystes au service de l’imagination du lecteur s’étaient mués en modestes « auxiliaires » des créateurs.
Trois femmes, une pièce radiophonique de Sylvia Plath était introduite par Françoise Neau, qui se bornait à nous donner plusieurs éléments centraux de sa biographie.
Duel, le film de S. Spielberg faisait l’objet d’un récit, et c’est son style que Miguel de Azambuja évoquait de manière sensible. La lecture donnait à éprouver