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Le titre du numéro, « Se raconter… Penser… Entre narrativité et narration », est une réussite en soi, car il nous invite à un beau voyage. Ce travail a pour but d’analyser le rôle et la fonction du langage dans la cure psychanalytique des enfants et des adolescents ; et de voir comment ils vont se raconter à un interlocuteur attentif et bienveillant qui s’intéresse à la mise en place d’un processus qui ouvre à l’interprétation des messages transférentiels. Les analystes peuvent parfois travailler avec des enfants sans langage, trop inhibés. Cela les amène à utiliser d’autres types de communication, comme des productions ludiques, graphiques et comportementales. La qualité des analyses et de la clinique présentée souligne aussi l’importance de ces questions pour les analyses d’adultes, où nous sommes aussi confrontés à des langages divers.
Didier Houzel commence par une petite présentation du travail de Christopher Bollas :« Il [Bollas] met l’accent sur l’élaboration par l’analysant de son “vrai self” qui se fonde pour lui sur ce qu’il appelle l’idiome personnel du patient, auquel l’analyste se doit d’être totalement réceptif, grâce à l’analyse de son contre-transfert » (p. 19). On est ici au cœur de la narrativité et dans son usage dans les traitements psychanalytiques. »
Le texte de Bollas est une conférence faite au GERPEN à Paris : « L’espace et le temps à l’adolescence ». Une intervention psychanalytique lors d’une décompensation soudaine. L’auteur montre comment l’analyste peut renverser le processus psychotique en aidant l’adolescent à retrouver une orientation spatiale et temporelle. En réalité, il propose de construire l’histoire récente du traumatisme pour engager une création, une narrativité, et la possibilité d’établir un transfert. L’adolescence est une période de rupture plus au moins violente. Lors d’une