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Hirt J.-M. (2021). Psychanalyse et vie covidienne. Détresse collective, expérience individuelle, sous la direction d’Ana de Staal et Howard B. Levine.
Si la nuée porte l’orage, la psychanalyse, elle, le réclame « pour conjurer », écrivait naguère André Green dans sa préface aux Entretiens psychanalytiques de Bion, « le péril d’une lente décadence ». À cet égard, la mise en crise de nos vies, occasionnée par la pandémie de la Covid-19, est peut-être la tragique déflagration capable de mettre le feu aux poudres des pensées de notre « être analytique » - l’expression est de Serge Frisch -, et des scènes de son apparition, la cure, son cadre et les institutions auxquelles cet être se prête. C’est le moment de nous rappeler que de l’effroyable boucherie de la Grande Guerre Freud a su faire usage en élaborant après-coup la pulsion de mort et en s’interrogeant sur la signification du renoncement pulsionnel, de sa nécessité pour la civilisation. Et la Seconde Guerre mondiale n’a-t-elle pas été à l’arrière-plan de la complexité des constructions de Lacan comme de Bion ?
Le livre collectif Psychanalyse et vie covidienne, sous la direction d’Ana de Staal et d’Howard B. Levine, paru chez Ithaque, veut être l’amorce des débats nécessaires au sein de la mouvance psychanalytique la plus large. Ses articles, rédigés par une quinzaine de psychanalystes de nombreux pays et différents courants, sont organisés autour de cinq thèmes : le contexte psychique et culturel de cette crise mondiale, les réflexions théoriques et cliniques qu’elle génère, les remaniements du cadre analytique qu’elle implique, les aménagements qu’elle exige, les témoignages liés aux effets de la pandémie sur les patients et les thérapeutes. Les deux organisateurs de cette recherche, dans une note de présentation de l’ouvrage, insistent à juste titre sur l’invisibilité de la menace virale qui pèse sur tous, avec ce côté agent secret que le nom de code de son appellation renforce : « Un “déficit de