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Signe des temps, la précocité s’invite dans la Rfp comme dans l’actuel de nombreuses consultations. Le terme exprime une temporalité vacillante, un trop, un débordement possible des capacités au regard de normes en elles-mêmes discutables. Les connotations attachées au précoce peuvent revêtir un caractère positif, alors que la prématurité se voit entachée d’un risque, d’un trait potentiellement négatif. Si le tableau clinique de précocité peut sembler nouveau pour certains, l’histoire et la littérature montrent qu’il n’en est rien. En psychanalyse, la notion de précocité ne figure pas dans la métapsychologie, mais elle est présente dans les premiers travaux de Freud sur la névrose obsessionnelle ou dans les Trois essais (la prématurité sexuelle allant de pair avec une précocité intellectuelle).
La précocité ne serait-elle réservée qu’à l’enfant ? Que devient le « nourrisson savant » de Ferenczi ? Il semble que ce terme n’ait eu que peu de résonance dans la clinique de l’adulte d’aujourd’hui. Serait-ce que le refoulement est à l’œuvre, voire la répression d’une sexualité infantile qui toujours dérange et suscite la mise en place des défenses du moi, un moi prématuré, un moi précoce, ou précocement soumis à une séduction difficilement élaborable par d’autres voies que le clivage, les défenses anti-traumatiques ou narcissiques ?
Les articles de ce numéro abordent sous des angles variés ce thème de la précocité, l’articulant tout en le distinguant de concepts proches, du précoce au profond, de l’originaire à l’infantile, à travers des situations cliniques souvent issues des champs de l’enfance et de l’adolescence, de l’histoire et de la littérature. Tous nous rappellent que la temporalité du psychisme n’est jamais linéaire, après-coup et régression faisant parfois le lit des symptômes, soulignant l’intrication potentiellement pathologique des fonctionnements psychiques et des fantasmes tant du côté de l’enfant que de son environnement.
Ce numéro propose aussi un dossier «