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Le numéro 20 de la revue Cliniques, intitulé « Intimité dévoilée, intime à retrouver », propose une plongée dans l’intime, au sortir du premier confinement du printemps 2020. Catherine Ducarre introduit le numéro en rappelant à quel point l’intimité a été profondément bousculée au cours de ce temps hors du commun, où chacun a été reclus et contraint à vivre sans quitter la sphère intime, mais aussi amené à dévoiler son intimité par écran interposé, y compris à son thérapeute. Ce numéro est ainsi l’occasion de mieux cerner ce que l’intime recouvre, notamment pour permettre son émergence ou le restaurer. Nous retiendrons trois lignes de force qui traversent les textes de ce numéro :
L’intime n’est pas un donné, il se construit ;
L’intime ne peut s’installer que si une limite dedans/dehors est bien établie ;
L’intime n’est pas un espace déserté, il est au contraire densément peuplé, notamment d’un Nebenmensch indispensable à sa création dès lors que la qualité de sa présence aura permis de l’objectaliser.
Le texte de Jacques André, « Un intime », le premier de la revue, déploie ces trois axes à partir d’une réflexion théorico-clinique concernant les patients obsessionnels. Connus pour craindre que l’on pénètre leurs pensées au point de devoir surveiller en permanence leurs secrets, ils incarnent l’intime en construction incessante, mal contenu par des enveloppes psychiques poreuses. La règle fondamentale de l’analyse, qui invite à dire tout ce qui vient à l’esprit, ébranle encore davantage leur possibilité de maintenir une vie intime. L’auteur compare les modalités analytiques avec le fonctionnement psychotique, où l’inconscient est en permanence à découvert. Mais il nous rappelle que l’impossibilité à penser secrètement n’empêche pas de bénéficier d’une analyse, justement pour constituer une vie intérieure. Le dispositif analytique avec sa constance, sa dissymétrie et probablement surtout l’analyste représentant le Nebenmensch de l’infans, permettrait de relancer la cons