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Ce numéro de Psychanalyse et Psychose est exceptionnel à plus d’un titre. Le confinement de 2020 ayant empêché la tenue des « Samedis du Centre » qui en constituent habituellement le noyau, le comité de rédaction a choisi d’en faire un « best of » de la revue qui l’avait précédé au Centre de Psychanalyse et de Psychothérapie Évelyne et Jean Kestemberg, Les Cahiers de Centre de Psychanalyse et de Psychothérapie (29 numéros entre 1980 et 1996), et dont l’objet était le même : écrire la psychose. L’ensemble est présenté par Alain Gibeault, ancien directeur du Centre E. et J. Kestemberg, de manière très complète dans son introduction, apportant le regard d’aujourd’hui sur ces textes d’hier.
Le choix des auteurs est ici éloquent : tous des psychanalystes marquants qui ont animé ou côtoyé le Centre, témoignant de l’apport unique de celui-ci à la pensée psychanalytique. Mais tous les textes se révèlent de plus d’une densité exceptionnelle (ce qui m’interdira d’en donner plus qu’un aperçu).
Last but not least, à la lecture de l’ensemble apparaît une cohérence d’où se dégagent deux axes qui orienteront ma recension :
retrouver la pensée psychanalytique vivante des années 1980-90 en 2021 éclaire vivement celle d’aujourd’hui, et au-delà certains thèmes de réflexion sociétaux actuels. Ce qui souligne une fois de plus, dans la période troublée que nous traversons, l’importance vitale de pouvoir comprendre le présent avec le regard de l’histoire et de la longue durée, pour ne pas se laisser entraîner par les idéologies nées de la perte des repères et de l’angoisse qu’elle génère ;
un même thème court dans chacun des textes, au-delà de leur grande diversité : face au clivage pathologique en cause dans les troubles psychotiques, et que l’on peut rattacher à une carence de la fonction médiatrice, la cure, dans ses différentes conceptualisations, me semble toujours faire une place cruciale à cette fonction, portée par l’analyste en vue de permettre au patient de se l’approprier. Cette d