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Dans son éditorial, Jean-Paul Matot, directeur de la revue, défend l’idée d’une pluralité de niveaux de réalité. Il propose « une perspective où l’existence de chaque individu engage […] une circulation continue entre différents niveaux de réalité, différents niveaux de différenciation dedans/dehors, et où l’informe, le non différencié, reste tout au long de la vie le terreau de sa vitalité ».
Dans « Réalité psychique/causalité psychique », Didier Houzel aborde la question de la différence entre réalité matérielle et réalité psychique d’un point de vue épistémologique référé à Aristote. Il oppose les buts et méthodes des sciences de la nature, qui cherchent à expliquer par l’expérimentation un phénomène en termes de « causalité efficiente », et les buts et méthodes des sciences humaines qui cherchent à comprendre les états intérieurs en termes de « causalité finale », c’est-à-dire en termes d’intentionnalité. Il remarque que Freud, en abandonnant sa neurotica, renonce à sa quête « médicale » de la recherche d’une étiologie commune aux névroses pour privilégier désormais la recherche du sens inconscient des symptômes, rêves, lapsus, actes manqués, etc. La réalité psychique sera alors considérée comme déterminante, possédant ses propres lois, différentes de celles du monde perceptif (processus primaires opposés à processus secondaires) et reliée à des fantasmes originaires présumés issus de traces phylogénétiques d’évènements réels de la préhistoire. Alors que, note l’auteur, chez les kleiniens, les fantasmes inconscients constitutifs de la réalité psychique sont considérés comme expression psychique des pulsions régissant tout dans la relation analytique. Pour l’auteur, c’est à l’intérieur même de celle-ci, dans le hic et nunc de la séance, que du sens peut émerger et, nous dit-il, « toute interprétation par rapport à l’histoire du sujet ou à ce qu’il rapporte de sa vie extérieure ne ferait que brouiller les cartes ».
René Roussillon vient opportunément nous rappeler q