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Comment la psychanalyse peut-elle appréhender les liens entre l’écriture, l’art et la maladie ?
Jean-Claude Rolland (« La douleur de Ginevra. Contribution de l’art et de la culture à l’approfondissement de la théorie psychanalytique ») s’intéresse à l’affect de douleur morale et à sa reconnaissance dans l’art et dans la cure. L’auteur, fasciné par le portrait de Ginevra de Benci, de Léonard de Vinci, dont il a longtemps ignoré la douleur « à la fois exposée et cachée », part du constat que la douleur même intense peut rester méconnue de celui qui souffre, mais aussi du témoin ou du spectateur du tableau. Le truchement de la lecture de l’image est parfois nécessaire à la reconnaissance de la douleur. Le plus souvent silencieuse, la douleur fait l’objet d’une anesthésie, car son émergence menace quantitativement le Moi. Elle constitue une exception à la libre circulation des représentations dissociées de leur affect : une partie de l’affect reste attachée à son objet œdipien premier, malgré l’interdit de l’inceste, et c’est le contre-investissement du quantum d’énergie resté lié à la représentation qui devient douloureux. C’est donc moins la perte de l’objet qui est douloureuse que le déplaisir issu du maintien de la conservation de l’objet. On aime sa douleur comme on a aimé l’objet perdu. L’auteur montre comment la parole « inchoative » des poètes (Celan, Baudelaire) permet de « faire chanter la douleur » et d’en triompher. À l’instar de cette parole, la relance du processus primaire dans la régression transférentielle de la cure peut aussi permettre une élaboration des fixations douloureuses.
Dans sa discussion du texte de Rolland, Françoise Coblence souligne « l’exigeante leçon de forme » fondatrice de toute activité artistique et qui est un des apports de l’art à la psychanalyse. L’art propose une mise en forme et des voies nouvelles d’expression à l’affect, si difficile à percevoir et à mettre en mots dans la cure. Elle oppose la douleur silencieuse à la souffranc