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Karin Johanna Zienerts-Eitls (Berlin). Le populisme destructeur en tant que « contenant perverti ». Un regard psychanalytique sur l’attractivité de Donald Trump : p. 971-991.
Trump a séduit ses partisans par sa destructivité. Rappel des principaux auteurs permettant de rendre compte de l’agressivité libérée autour d’un narcissisme pathologique : Klein vient naturellement en premier ; Rosenfeld a décrit le « narcissisme pathologique » où les forces opèrent chez l’individu comme un « gang mafieux » se regroupant autour d’un leader idéalisé offrant la promesse d’une grandeur et d’une protection sans limite, cela avec l’humiliation des plus faibles comme corollaire. Le bien et le mal s’inversent alors et la cruauté devient la norme désirable. De nombreux extraits des propos de Trump sont cités à l’appui, dont les appels à la violence sans l’ombre d’une culpabilité. Kernberg, lui, a insisté sur la diffusion de l’identité qui se fait en de telles circonstances et sur sa cicatrisation autour d’une identité monolithique solidifiée grâce à la mise en place d’« ennemis à abattre ». Une spirale infernale se met en place, que Beland nomme « paranoïa de groupe ». Au sein de ces phénomènes, Zienerts-Eils met en exergue la mise en place d’un « contenant perverti ». Le contenant bionien est une structure d’accueil pour des éléments bêta qui y subissent une transformation en éléments alpha. Mais ici la détresse (par exemple celle de perdre la suprématie blanche pour des classes populaires déjà malmenées) est accueillie par une figure maternelle négative qui ne va plus détoxifier les éléments bêta, mais au contraire leur offrir un « accélérateur de particules ». La position schizoparanoïde est à la fête et atteint des sommets. On ne plus l’arrêter dans sa marche vers l’anti-vérité au service d’une mégalomanie rempart contre la fragmentation. La pensée est détruite et n’importe quelle affirmation en vaut alors une autre.