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En présentant ce livre dans la collection qu’il dirige, Gérard Bonnet rappelle l’opposition classique de l’émotion et de la raison et la mode actuelle des méthodes de gestion des émotions. En dehors des effets négatifs de leur répression, les émotions trouvent expression dans les liens, les groupes, les rites et les codes pour la cohésion sociale, et, bien sûr, dans les créations artistiques.
En avant-propos du livre, Nicole Llopis-Salvan cite Marcel Mauss selon lequel l’émotion est langage et symbolisme. L’obligation de son expression dans le deuil conduit à la question : qu’en est-il en matière de santé mentale ?
Dans l’introduction, l’auteure établit la distinction de l’émotion, du côté de la force vitale et des expériences de plaisir-déplaisir, et de l’affect comme concept psychanalytique, c’est-à-dire comme représentant pulsionnel. Suivant l’étymologie, elle situe l’émotion comme source interne à l’origine de mouvements psychiques de l’intérieur vers l’extérieur, et l’affect du côté de la perception, donc du rapport à la réalité et aux objets.
Au premier chapitre, le commentaire de L’étranger de Camus, étayé sur l’interprétation détaillée des psychanalystes argentins, illustre bien le « cheminement vers la levée de la répression des affects et le parcours vers une forme de subjectivité… » : du deuil impossible à la mélancolie et à la paranoïa : le meurtre comme suicide, et la rencontre avec le prêtre pour le renversement final dans le roman.
Au chapitre deux, « L’affect, un concept psychanalytique » est situé en référence au traité de Georges Dumas (mais pas à Darwin ni à la neurobiologie selon Antonio Damasio qui distingue émotion et sentiment). Pour Dumas, trois dimensions : physiologie, psychologie (dynamique) et socialisation : d’une part les sensations et les besoins (l’autoconservation et la reproduction en partage avec les animaux), d’autre part, les sentiments, les passions, et l’expression des émotions réprimées de la tristesse ou de la peur comme « psyc