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Ça commence et ça se terminera par une image, la très belle photo d’un fils prise par son père, l’artiste Cy Twombly, en 1965, image qui ouvre et clôt l’ouvrage, mais de deux façons puisque d’abord donnée à voir en couverture, elle sera mise en mots à la dernière page avec pour effet d’inciter à la regarder de nouveau afin de saisir ce qui nous y était demeuré invisible et désormais offert à l’œil par l’entremise d’une parole. Ça se poursuit comme un roman, une fiction à l’écriture nourrie de l’œuvre freudienne, de littérature et de cinéma, portée par une voix singulière, mais jamais solitaire tant y résonne l’accent de figures chères à l’analyste écrivain : Lou Andreas-Salomé, Jacques Lacan, Wladimir Granoff, Marie Moscovici, Nathalie Zaltzman. Pour qui connaît le travail de Jean-Michel Hirt, beaucoup est là signifié, et de cet essai en particulier ; à ceux qui ne le connaissent pas encore, l’invitation est lancée. L’art et la fiction y occupent toujours une place importante et ce recueil n’y fait pas exception, voire assume un pas supplémentaire en se passant d’académiques notes de bas de page ou de bibliographie, sans que rien ne soit concédé à l’exigence de la pensée. À ce titre, cet Essai sur le père et la paternité est moins un livre de psychanalyse, au sens d’une démonstration métapsychologique ou d’un recensement de cas cliniques, qu’un écrit littéraire psychanalytique, autrement dit un texte intimement adressé à son lecteur et porté par une écriture qui donne à entendre un imaginaire, une histoire, soit une personne et ce qui l’anime, que ce qu’elle énonce soit réalité ou fiction. Avec la liberté de ton qu’on lui connaît et l’élégante sensibilité de son verbe, Hirt livre probablement ici son écrit le plus personnel et le plus engagé. Il en résulte une lecture rare, vivante et stimulante, qui sait gré à un auteur, pour qui converser constitue de longue date une situation réjouissante, de l’intelligence qu’il prête à son lecteur. Du reste, pouvait-il en être