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Les gens passent leur vie à porter le réverbère sur lequel ils s’appuient, mais quelque part au commencement, il doit y avoir un réverbère qui tient tout seul.
L’espérance naît fondamentalement du caractère ouvert de l’avenir, à l’inverse du passé (Jankélévitch, 1974/1983). Cette ouverture s’offre donc aux aspirations du sujet qui vont « remplir » de contenus déterminés ce possible. Ses attentes concernent tant lui-même (en raison de son propre devenir) que l’extérieur, social et naturel.
L’espérance contrebalance ainsi en permanence la crainte (d’évènements négatifs). S’y affirme la puissance de la vie, en butte à tout ce qui peut la contrarier.
L’espérance en elle-même contribue au processus vital, car elle permet de surmonter les découragements consécutifs aux obstacles et échecs qui pourraient l’entraver. On pense ici à tout ce qui permet la survie dans des conditions menaçantes : guerre, maladie grave, précarité sociale, catastrophe naturelle.
Comparée à l’espoir, dont elle est un synonyme, l’espérance comporte dans son usage la dimension plus globale, à résonance chrétienne (vertu théologale, relevant d’un don gratuit), d’une capacité à espérer, sans objet particulier, d’une forme de confiance fondamentale dans la fin heureuse de la Création (Schumacher, 2004).
Mais elle contient également une part de réalisme, acceptant une dose d’incertitude, avec une probabilité suffisante d’aboutir et contribuant, par la mobilisation qu’elle suscite, à amplifier cette probabilité. Elle suppose pour cela la capacité
* Psychologue clinicienne. Psychanalyste, membre titulaire avec fonction didactique de l’APM (Association psychanalytique de Madrid) actuellement directrice du CPN (Centre psychanalytique du nord) filiale de l’APM.
** Psychiatre, psychanalyste SPP.
d’évaluer un risque et de le prendre en toute connaissance de cause, d’anticiper une déception, une désillusion et de la supporter.
Elle est, en raison de ces exigence