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C’est en 2018-2019 que Françoise Coblence, directrice de notre revue, a conçu le projet d’accueillir dans les pages de la Revue française de psychanalyse certains écrits d’Ilse Grubrich-Simitis. Déjà mondialement connue pour ses travaux, souvent traduite en langue anglaise, lauréate du Prix Sigourney en 1998, Ilse Grubrich-Simitis restait relativement peu connue du public français, malgré l’importance de ses travaux et de ses recherches, et notamment sa responsabilité d’éditrice scientifique des œuvres de Freud chez S. Fischer Verlag et sa publication de la volumineuse correspondance Freud-Ferenczi.
Le choix des textes s’est porté à l’époque sur deux articles relatifs à la Shoah, qu’Ilse Grubrich-Simitis avait particulièrement étudiée, notamment à travers les cures de descendants de survivants de l’holocauste et l’étude du traumatisme dans sa dimension transgénérationnelle. Il s’agissait d’articles publiés déjà depuis de nombreuses années, ayant eu une valeur de précurseur dans les études qui ont suivi sur les traumatismes et leurs répercussions au niveau des générations suivantes. Les deux textes qui ont été choisis pour être traduits dans nos pages, « Du concrétisme à la métaphore. Sur quelques aspects théoriques et techniques de travail psychanalytique avec des descendants de survivants à l’Holocauste » , et « Épreuve de réalité au lieu d’interprétation. Une phase du travail psychanalytique avec des descendants de survivants à l’Holocauste » , ont constitué un dossier qui est paru dans le numéro 2/2020 de la Revue française de psychanalyse, grâce à la traduction de Michèle Pollak-Cornillot pour l’un, et de Bernard Lortholary pour l’autre.
Dès sa présentation du dossier de 2020, Françoise Coblence rappelait que les travaux d’Ilse Grubrich-Simitis s’inscrivaient dans une perspective plus vaste, explorant les parts respectives du trauma et de la pulsion dans les pathologies que nous rencontrons dans notre pratique. On sait que Freud a longtemps hésité entre ces deux l