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Dans ce petit livre incisif, Daniel Oppenheim se confronte et nous confronte au désir de détruire - des nazis au djihadisme, de la Shoah à Daech. Psychiatre et psychanalyste, Daniel Oppenheim a écrit quatorze livres et de très nombreux articles, notamment sur le cancer, le handicap sévère ou, comme cette fois, sur la barbarie humaine. Partant de ce qui peut générer la destructivité radicale et sa mise en actes, il examine les formes de résistance à la destructivité collective, avant de présenter quelques exemples d’une « littérature de résistance », et de montrer combien il importe de comprendre et de prévenir l’extension de la violence destructrice.
Déjà en 2015, Daniel Oppenheim avait écrit une Lettre à un adolescent sur le terrorisme (Bayard). Le terrorisme actuel est une des manifestations de la destructivité, qui se met en actes aussi sous bien d’autres formes, et que le psychanalyste réfère en dernière instance à la pulsion de mort. L’auteur présente ainsi d’entrée de jeu une réflexion accessible au non-spécialiste sur la destructivité telle que la comprend le psychanalyste : « Le penchant à l’agression est chez l’homme une disposition pulsionnelle originelle et autonome », écrit Freud en 1929 dans Le malaise dans la culture.
La première partie du livre montre les mécanismes et les processus qui peuvent conduire un jeune vers l’engagement terroriste. La réflexion de l’auteur est ici pluridisciplinaire et il évoque l’apport des historiens, des juristes, des sociologues et des anthropologues, ainsi que celui de tous ceux qui travaillent au contact de ces jeunes tentés par le terrorisme. Il souligne d’ailleurs toujours la différence entre l’attrait de la violence destructrice et le passage à l’acte terroriste. Néanmoins, le rapport à la mort - perçue, crainte, imaginée, voire apparemment désirée - est toujours central. Les terroristes mettent en acte des terreurs archaïques, les montrent et les font subir à leurs victimes. Chez ces jeunes, le rapport au temps, à la