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À revers de l’apologie de l’immédiateté, en réponse à la violence et à l’impulsivité, au règne de l’écran lisse plutôt qu’aux apories du creux, François Marty et Mélanie Georgelin nous invitent à une promenade, une « prise de temps » pour explorer des chemins de traverse et « se rafraîchir aux sources de la latence », selon l’expression de Nathalie Zilkha (2021). Elle offrira aux lecteurs une riche exploration du processus de latence, celui qui permet de profiter de la promenade sans se soucier uniquement de l’arrivée. Dans leur ouvrage, Marty et Georgelin nous engagent à penser la latence non pas seulement comme la période de l’enfance, « stase silencieuse de la libido au cours du développement, mais bien comme un processus, un régulateur de la vie psychique et ce tout au long de la vie » (p. 10). Ce travail est largement nourri des élaborations d’analystes ayant étudié la notion de latence : René Diatkine, Évelyne Kestemberg, Paul Denis, François Kamel, Christine Arbisio, André Green et d’autres encore. L’ouvrage s’écrit à deux plumes : Marty nous guide dans la conceptualisation du processus de latence, à partir de ses travaux sur l’adolescence et la temporalité notamment ; Georgelin nous raconte et nous fait penser une clinique hors les murs, hors le divan : clinique de l’enfant, de l’enfant violent en institution, de la personne âgée… Tous deux font appel à de nombreuses œuvres culturelles, de l’art des cavernes aux jeux vidéo, qui toutes, ouvrent des champs de symbolisation à leurs spectateurs, petits ou grands. Marty ouvre son propos avec une incartade préhistorique savoureuse et bien documentée, en suivant Freud dans ses hypothèses phylogénétiques. Il convie l’homme préhistorique entrant en latence avec la sédentarisation, devenant alors penseur, historien et artiste. De la métapsychologie freudienne de la latence dessinée par Marty on retiendra ici le caractère biphasé du développement psychosexuel rendant centrales les notions d’après-coup et de refoulement