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Dans son nouvel ouvrage, Vladimir Marinov poursuit une réflexion engagée il y a quelques années sur l’Œdipe mélancolique, qu’il articule ici avec trois figures redoutables repérées dans le discours de ses patients, et qui donnent au livre son titre provocateur : Le charognard, le boucher et le guerrier. Essais sur l’Œdipe mélancolique. Provocateur, parce que ce titre indique d’emblée qu’il sera ici question du rapport de l’humain à la carne, dans sa crudité, sa violence, voire sa jouissance nécrophile et nécrophage… Entendons que cet humain y est appréhendé dans une perspective tout à fait freudienne, qui articule phylogenèse et ontogenèse, mais également clinique en chair et en os et clinique exploratrice, formule empruntée à Guy Rosolato, et que constituent les œuvres culturelles. Voilà qui donne une idée de la richesse du champ ainsi couvert, champ que Marinov arpente d’un pas érudit, mais non sans esprit associatif, richesse inscrite dans le pluriel du sous-titre, tant sa lecture d’Œdipe et d’Hamlet ou son étude de trois œuvres clés de Francis Bacon constituent des essais à part entière. L’unité tient à la thèse qui structure l’ensemble de l’ouvrage : l’existence d’un complexe d’Œdipe mélancolique empreint d’une sexualité prégénitale. Partant du vif de l’expérience de sa clinique, Marinov remarque une similitude entre le comportement et les fantasmes de charognard que les humains ont connus à travers les âges, en commençant par la préhistoire, en ceci qu’il y est question de l’ingestion d’un corps potentiellement toxique, dont la mise à mort est opérée par un autre, mais dont le charognard jouit du spectacle dans une attitude d’attente passive et voyeuriste propice à la honte. Or ce personnage du charognard s’associe souvent au guerrier et au boucher, association qui met en évidence une relation triangulaire : chasseur/guerrier, proie/victime et charognard/spectateur avant de devenir acteur. Parallèlement, l’incorporation mélancolique se rattache pour Marinov à