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Et l’absence de ce qu’on aime,
Quelque peu qu’elle dure, a toujours trop duré.
Molière, Amphitryon.
L’absence nous ferait-elle parcourir un domaine si étendu qu’elle n’aurait jamais pu être ressaisie jusqu’à ce jour dans un seul numéro de la RFP, comme l’évoque Jean-Louis Baldacci qui a choisi ce thème pour le premier colloque René Diatkine sous sa direction ?
L’absence n’est pas un concept de la métapsychologie, pourtant la notion s’est diffusée dans le milieu analytique, attirant nécessairement à elle son antonyme, la présence, et interrogeant le rapport sujet-objet. Le terme convoque par association ceux de perte, deuil, castration, mais aussi oubli, mémoire et traces, d’où découle le champ de l’hallucinatoire et des représentations. Tout à la fois condition de l’avènement de l’hallucination de l’objet et du renoncement à cette voie de satisfaction pulsionnelle, l’absence apparaît indispensable à la théorie comme à la cure analytique. Le présent numéro réunit des articles sur ce thème issus des interventions au colloque et de ses prolongements.
Certaines conditions mises en lumière lors de la pandémie nous ont confrontés à des modalités d’absence en séance qui nous conduisent à réinterroger le Rapport de la technique analytique avec la théorie analytique. En 1922, Freud avait envisagé de décerner un prix pour la meilleure publication sur ce thème, objet de notre dossier : « Il y a cent ans, Freud lance un concours », qui contextualise les réflexions et débats de l’époque autour notamment des modifications souhaitées par certains des pionniers de la psychanalyse. L’actualité n’est pas en reste et d’autres débats trouvent place dans les rubriques de ce numéro : Théorie et technique, Psychanalyse et société, Histoire des idées, ainsi que dans la Revue des revues et la Revue des livres.
Aline Cohen de Lara
Directrice adjointe de la Rfp.