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Cette revue a une place originale dans le paysage éditorial psychanalytique, puisqu’elle se présente comme une revue transdisciplinaire de psychanalyse et sciences, dont « l’approche est guidée par un engagement permanent dans la remise en question des fondements épistémologiques de la psychanalyse et des sciences », valorisant « la recherche qui privilégie les pratiques cliniques faisant écho à un cadre théorique pluriel ».
Le volume 5(1), dont le titre est « Crises environne_mentales », s’ouvre par un éditorial de Jacques Boulanger intitulé « La crise sanitaire : une levée brutale du clivage ? » Pour l’auteur, la pandémie, contrairement à la progressive prise de conscience écologique, aurait provoqué « la pénétration dans l’appareil psychique d’un événement perceptif impensable. Une sorte de viol psychique ». Elle a ainsi imposé la reconnaissance de la crise climatique, jusqu’ici en butte aux dénis politiques soutenus par l’ultra-libéralisme, s’appuyant sur la désinformation permise par le « totalitarisme numérique ».
L’auteur présente ensuite les différents textes de ce dossier, mettant en évidence l’embarras de la psychanalyse, de la philosophie et des sciences humaines à penser cette situation à bien des égards inédite avec nos concepts déjà « disponibles », mais aussi leurs tentatives pour arriver à éclairer sa radicale nouveauté.
Le texte de Sarah Troubé « Le monde peut-il se perdre ? », lui-même commentaire du texte de J.-B. Desveaux et R. Brunet, « Crise environnementale et défaite de l’objet monde », me semble exemplaire de cet enjeu, et je me propose à ce titre d’en rendre compte de manière approfondie, plutôt que de survoler l’ensemble des textes.
Appuyée sur la phénoménologie de Husserl, l’auteure développe la distinction opérée par celui-ci entre « monde comme objet et monde comme horizon », qui sera reprise par Merleau-Ponty. L’impossibilité de se représenter la fin du monde comme horizon, logique et métaphysique, rendrait ainsi compte pour une part de la