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L’objectif de l’ouvrage est précisé dans l’introduction : « Nous examinerons, pour mieux les dissiper, les confusions, hésitations et amalgames qui paralysent encore actuellement les débats sur l’autisme, non seulement entre les professionnels eux-mêmes, mais aussi avec les familles » (p. 8). La forme de l’ouvrage est une suite d’articles.
Jacques Hochmann fait un rappel historique de la naissance et de l’évolution, en France, des divers cadres institutionnels dédiés aux enfants en difficulté. Il expose les modes de prise en charge fondés sur le modèle freudien et décrit six conditions d’efficacité : collaboration avec la famille, respect des routines, différenciation des espaces, temps de synthèse, mise en récit de la situation, supervision.
Catherine et Alain Vanier dénoncent l’extension nosographique des troubles du spectre de l’autisme (TCA), expurgée de la notion de psychose infantile. Ils s’appuient sur l’apport de Maud Mannoni, qui évoquait l’étiologie somatique de l’autisme et l’insuffisance de la psychanalyse seule à prendre en charge ces enfants. Les auteurs s’interrogent sur les raisons de la transformation du débat scientifique en « guerre de religion ».
Marie Selin utilise le modèle lacanien et fait une lecture fonctionnelle de la « structure autistique » : refus de l’autre, de la parole, maladie de la libido, défaut des frontières corporelles, jouissance qui se situe « sur un bord ». Cette structure se constitue sur « une absence d’objet (objet pulsionnel) radicale entre le sujet et son Autre ». Cet autre comme figure de l’absence contrarie l’émergence de la fonction imaginaire. La personne en situation d’autisme tente de réprimer son angoisse par l’immuabilité.
Hélène Suarez-Labat expose ensuite les apports de Frances Tustin et Geneviève Haag. Pour Tustin, l’impossibilité de l’échange sensoriel précoce parents-enfant constitue un « trou noir », séquelle de séparation prématurée. Le développement psychique est présenté comme « production de formes » à part