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Planète en détresse, ouvrage collectif de la collection des « Débats en psychanalyse », propose une prise de conscience et une réflexion infiniment novatrice pour la psychanalyse. Car il ne s’agit pas seulement de réfléchir, comme Freud nous y invite dans Malaise dans la culture (2) à un nouveau traumatisme collectif dans l’intrication des psychologies individuelles et groupales. Il s’agit, comme le proposent les directrices de ce volume, Dominique Bourdin et Dominique Tabone-Weil, d’ouvrir un débat sur une détresse dans la Nature qui compromet définitivement la vie, une Nature déjà largement endommagée par la destructivité humaine. La menace que les confinements ont fait peser sur nos capacités analytiques nous a permis d’en mesurer l’ampleur et d’y réfléchir après-coup. Nous ne pouvons pas, à la suite de Freud dans ce texte historique « Éphémère destinée » choisi pour introduire le livre, envisager de « reconstruire tout ce que nous avons détruit » en élaborant notre « deuil de la perte », car la destruction est définitivement en marche. Mais les auteurs de ce livre, loin d’être dans le déni ou le catastrophisme, nous offrent un espace de pensée pour continuer d’élaborer les détresses collectives et individuelles. Ce travail de culture consiste à dompter les forces mortifères à l’œuvre dans les fantasmes destructeurs, mais également sauveurs, suscités par le désastre écologique.
Dans son article intitulé « L’investissement massif de la décroissance écologique, un avatar inconscient de la jouissance dans le dépouillement et la castration », Jérôme Glas propose de réfléchir à la mise en jeu du complexe de castration face à la menace écologique énoncée par le socius. Une menace réelle, perceptive, qui peut résonner avec un manque inhérent à la catastrophe annoncée. Cette menace pourra être reprise dans le registre de la névrose et, sous l’égide d’un surmoi post-œdipien efficient, inviter après-coup à des formes de renoncement tempérés tenant compte des impératifs envi