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« Oui, j’écris des films dans lesquels l’inconscient existe », affirme Olivier Assayas (2014, p. 164.) Ainsi poursuit-il un dialogue maintes fois restauré sur une parenté jumelle affirmée ou contestée entre « psychanalyse et cinéma » ou « cinéma et psychanalyse », selon le point de vue que l’on souhaite privilégier, dialogue toujours habité chez les psychanalystes par les réserves, dès l’origine, émises par Sigmund Freud. L’état de « rêverie crépusculaire » (Barthes, 1975, p. 104) dans lequel le spectateur se trouve en sortant d’une salle de cinéma a pu contribuer à associer le cinéma et l’hypnose, tous deux marginalisés par Freud et susceptibles de générer chez les protagonistes fascination et passivité. Celui-ci, grand visuel s’il en est, a en effet privilégié le désinvestissement du champ perceptif au profit des perceptions internes, appréhendées par leur traduction verbale. La psychanalyse préfère « l’arrêt sur image » plutôt que l’image en mouvement, comme le montre le rêve célèbre de « L’homme aux loups ». Dirions-nous, comme Kafka, que le cinéma dérange la vision, obligeant à une sur-vision constante, les images alors s’emparant du regard ?
Les tentatives de rapprochement entre les deux disciplines ont sans doute souffert de deux écueils : d’un côté une position de surplomb, de l’autre un excès d’affinité et une mise en parallèle trop systématique. Peut-être est-il préférable de parler de points de liaison, de convergence sans l’illusion d’une superposition ? Cinéastes et psychanalystes sont des interprètes, chacun à leur manière, les premiers privilégiant « les lumières de la ville » et les seconds « le rayon d’intense obscurité ».
Le cinéma s’est nourri de psychanalyse :
Du côté de l’écriture et de la structure narrative des films, la psychanalyse va permettre de justifier « à la fois la démarche du film (énigme, récurrence, suspense et résolution finale, etc.) et les actes des personnages » (Vernet, 1975, p. 230). La psychanalyse donne du sens aux comportemen